LES PESTICIDES DANS L’EAU :
PRESENCE :
Le terme de pesticides est un terme générique qui regroupe les pesticides, les herbicides, les fongicides, les rodonticides, les algicides... dont l’ensemble représente près de 900 produits répertoriés en France, dont seuls 269 étaient recherchés en 2003, dans le cadre des contrôles sanitaires.
Le rapport de l’Institut Français de l’Environnement (IFEN) publié en 2004, révèle qu’en 2002, 75 % des points contrôlés en rivière, et 57 % des analyses des nappes souterraines, présentaient au moins un pesticide. 39 % des prises d’eau en rivière présentaient des niveaux de pesticides rendant nécessaire un traitement, et 21 % en eau souterraine. 5 % de la population a été alimenté au robinet, en 2001, par une eau ayant dépassé au moins une fois la limite légale de 0,1 microgramme de pesticides par litre. Ces données sont quasiment identiques d’une année sur l’autre.
EFFETS ET NUISANCES
L’effet de chaque pesticide est hautement spécifique et il est impossible de détailler ici les conséquences d’une intoxication par l’un ou l’autre d’entre eux. En outre, si les études épidémiologiques menées ont mis à jour des effets induits par l’ingestion de fortes doses, il est nettement plus délicat de tirer des conclusions quant à l’absorption de faibles quantités.
Sur les bases de ces résultats, les normes concernant les concentrations maximales en pesticides dans les eaux destinées à la consommation humaine ont été établies en appliquant le principe de précaution.
On peut cependant établir une liste non exhaustive des effets que l’on peut attribuer aux pesticides : effets tératogènes, mutagènes, cancérigènes (estomac, foie, reins, prostate, thyroïde), atteintes du système nerveux central, troubles de la fertilité…
REGLEMENTATION
La directive européenne 98/83/CE du 3 novembre 1998, et sa transposition en droit français, par le décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001, codifié en 2003 dans le code de la santé publique (voir Memotec n°12), fixent à 0,10 μg/l la limite de qualité pour chaque pesticide, avec une limite de 0,50 μg/l pour la concentration totale en pesticides. Il existe en plus une restriction pour un groupe de produits particuliers, pour lesquels la limite est de 0,03 μg/l. Il s’agit de l’heptachloroépoxyde, de l’aldrine, de la dieldrine et de l’heptachlore.
Les coûts générés par la recherche de pesticides dans les échantillons d’eau font que celle-ci est effectuée en prenant en compte les spécificités régionales de leur utilisation et ne concerne en général qu’une dizaine de produits. Parmi ceux qui sont recherchés le plus fréquemment, on peut citer la liste diffusée par l’OMS, qui donne des valeurs guides, reprise dans le tableau 1.
NB : les réglementations nationales sont toujours plus sévères que les valeurs guides de l’OMS.
Les huit pesticides à l’origine du plus grand nombre de dépassements de la limite de qualité en France, sont : l’altrazine, l’altrazine-déséthyl, l’altrazine-déisopropyl, le diuron, le métolachlore, la simazine, le terbuthylazine, et le terbuthylazine déséthyl.
TECHNIQUES D’ELIMINATION ENVISAGEABLES
Trois procédés prévalent pour le traitement des eaux contenant des pesticides :
1° l’oxydation par l’ozone :
L’oxydation à l’ozone : un procédé coûteux qui génère des sous produits nocifs
L’ozone (voir Memotec n°29) est un oxydant puissant qui dégrade les molécules, avec cependant plus ou moins d’efficacité. Par exemple, il est totalement inefficace envers le lindane, à des doses compatibles avec des applications à grande échelle, et le taux maximal d’abattement atteint, pour l’élimination de l’atrazine, ne dépasse pas 60 %.
2°l’adsorption mettant en oeuvre du charbon actif en poudre ou en grains ; FILTRATION par KDF
3° les procédés membranaires : microfiltration, ultrafiltration et nanofiltration. Solutions complexes pas toçjours très économique.
Du calcaire - Des nitrates - Des métaux lourds
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